Cheval et petite fille crient

Le saviez-vous #1 ? Les dents du cheval poussent tout le temps !

Dans la nature, le cheval passe environ 16 heures à brouter. Étant un herbivore monogastrique (il ne rumine pas comme les vaches), il doit mastiquer longuement ses bouchées. Juste pour vous faire une idée, 1 kilo de foin nécessite environ 3500 coups de mâchoire ! L’usure due à cette mastication quasi permanente compense la pousse des dents. Car les dents d’un cheval poussent en permanence, environ 4-5 mm/an !

Un petit peu de théorie bête et méchante : les mâles possèdent 40 dents et les juments, 36 car elles n’ont pas de canines (certaines en ont, on dit qu’elles sont bréhaignes).

Si nous rentrons dans le détail, nous trouvons :

  • 12 incisives qui servent à couper l’herbe et à attraper la nourriture.
  • 4 canines (ou crochets) qui ne servent à rien. On dit que ce sont des dents d’attaque (c’est sûrement pour ça que seuls les mâles en ont !)
  • 12 prémolaires et 12 molaires qui servent à réduire en miettes tous les aliments.

Ce nombre de dents correspond à la bouche normalement constituée d’un cheval adulte.

Le fait que les dents ne s’arrêtent jamais de pousser entraîne des problèmes qu’aucun propriétaire ne peut éviter. Même si le cheval passe sa vie à brouter dans un pré, il en rencontrera. Pourquoi ?

Parce que le cheval est prognathe (vous connaissiez ce mot ? Chapeau !). Pour ceux qui ne savent pas, comme moi il y a encore 5 min, prognathe signifie qu’une des deux mâchoires est plus en avant que l’autre. Ce qui veut dire que les dents ne sont pas dans un alignement parfait et que l’usure est inégale. De plus, les dents du haut sont plus larges que celles du bas. Voilà comment apparaissent les fameuses surdents, ces crêtes d’émail qui blessent la joue ou la langue du cheval.

Il existe d’autres affections bucco-dentaires chez le cheval comme la dent de loup, les dents de lait persistantes, les abcès dentaires, les aphtes… mais qui ne sont pas directement causées par la pousse des dents, ce n’est donc pas le sujet.

Donc, même si on ne parle que des surdents, il est important, pour la santé et le bien-être du cheval (de là découle aussi la qualité de son travail) de consulter régulièrement un dentiste :

  • Avant le débourrage. C’est quand même mieux pour le cheval si on peut lui éviter des douleurs les premières fois qu’on lui met un mors dans la bouche. Déjà que c’est pas trop cool pour lui.
  • Tous les 1 ou 2 ans. Une visite régulière permet d’anticiper des gros problèmes et d’éviter le cheval de souffrir tout bêtement.
  • A l’apparition de signes suspects.

Même si je m’éloigne un peu du sujet (et encore pas vraiment), quels sont ces signes qui doivent alerter et conduire à une consultation chez le dentiste ?

  • Au quotidien :
    • Le cheval ne mange plus, mange lentement ou ne finit pas sa ration.
    • Il rejette des aliments sur le côté (au niveau des barres, là où il n’y a pas de dents, où se pose le mors).
    • Il fait le hamster, c’est-à-dire qu’il fait des réserves entre ses joues et ses dents.
    • Il maigrit.
    • Ses crottins sont plein de grains entiers. Cela signifie qu’il n’a pas bien mastiqué.
    • Il penche la tête sur le côté pour manger.
    • Il est soudain sujet aux coliques.

 

  • Au travail :
    • Il se défend contre la main, contre le mors.
    • Il refuse le contact, ne se tend pas, ne s’incurve pas.
    • Il a la mâchoire contractée, il réagit mal quand on lui serre la muserolle.
    • Il ouvre trop grand la bouche quand on lui met le filet, appréhende le contact du mors.
    • Il balance la tête de bas en haut (on dit qu’il « encense »)
    • Il se braque à une main s’il a une surdent douloureuse d’un côté.

 

Super, tout ça à cause de dents qui poussent encore et encore ! Oui mais prenons le problème dans l’autre sens. Le cheval mastique durant des heures, ses dents s’usent terriblement. Heureusement qu’elles poussent finalement !

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